Aven Chazot - Ardèche (07) - France
Visite du 16 décembre 2007
inventaire de la galerie inférieure
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Rapport de visite


Au terme de la seconde campagne de dépollution de l'Aven Chazot (voir) en novembre 2007, il avait été découvert sous les déchets une galerie déclive relativement vaste abaissant le point bas de la cavité de près de 11,50 mètres, soit une côte ramenée à - 65 mètres sous la surface. Plusieurs indices semblaient attester qu'il ne s'agissait pas d'une première découverte, des objets étant positionnés de manière non naturelle. Au delà du point bas de cette diaclase, une nouvelle galerie est ascendante sur quelques mètres mais se termine rapidement sur des tombants calcifiés. Quant au courant d'air qui aérait les niveaux supérieurs, on le retrouve ici mais au travers de l'éboulis de pierres et de déchets qui encombre le fond de la diaclase. 

Tandis que le puits entre le premier palier (base du puits d'accès - p31) et le fond jusqu'alors connu (grosse concrétion à la côte -54 m) suivait un axe au nord-nord / ouest (348°), cette profonde diaclase, semble suivre un axe contraire (sud - sud / est au 150 °). Découvert à la base de l'imposante concrétion qui caractérise le fond de la cavité, l'accès à cette galerie est aujourd'hui encore étroit et particulièrement instable, l'une des parois étant constituée par le monticule de déchets, qui laisse apparaître pneus, tonneau métallique, sacs plastique et objets en tout genre sur une hauteur d'environ 2 m 50. Ce monticule repose sur un socle rocheux qui marque l'amorce d'une pente jusqu'au point bas de la cavité 9 mètres plus bas et environ 15 mètres plus loin. Entre ces deux points, un vaste éboulis où sont mélangés de manière très diffuse des cailloux de toutes tailles et des objets en tout genre.

Le volume cumulé des déchets contenus dans ce monticule, de ceux encore coincés sous la concrétion et enfin de ceux situés au delà de cette dernière dans l'axe du second puits est estimé à environ 200 m3.

La nature de cette pollution est très variée, toutefois, un inventaire des produits prélevés (ceux sur lesquels figuraient par exemple une date de péremption) semble révéler contre toute attente que l'essentiel de cette pollution a été massive et pratiquée sur un laps de temps relativement cours, entre 1970 et 1985 très probablement. Ceci est d'autant plus étonnant qu'il aura fallu deux campagnes de dépollution, l'extraction de près de 150 m3 pour parvenir jusqu'à cette galerie dont l'orifice d'accès se trouvait enfoui sous plusieurs mètres de déchets entassés au démarrage du projet. Quant aux déchets eux-mêmes, il s'agit de déchets basiques - probablement issus de déchetterie ou d'actes isolés mais volumineux - et de déchets issus de l'activité industrielle locale (sacs d'engrais azotés de type ammonitrate d'ammonium). On trouve également une quantité importante d'ossements d'animaux de boucherie ainsi que des pièces de ferrailles de toute taille. 

L'euphorie liée à la découverte de cette galerie a donc été accompagnée par la désagréable surprise d'y trouver une quantité encore très importante de déchets alors que l'équipe pensait en avoir terminé à l'issue de la seconde campagne. Il semble en effet que la quantité de déchets à extraire soit supérieure à celle déjà arrachée à l'aven au prix de deux campagnes de dépollution ayant mobilisé une très forte débauche de moyens et d'énergie. Néanmoins, la topographie de la diaclase ainsi découverte paraît indiquer que ce volume à extraire constitue bien le dernier et que de nouvelles mauvaises surprises ne sont plus à craindre au delà de ce monticule restant. Les initiateurs du projet restent par conséquent déterminés à poursuivre les efforts engagés et la mobilisation de tous les bénévoles volontaires pour terminer ce travail au travers de nouvelles campagnes de dépollution.

Toutefois, la nouvelle topographie de la cavité oblige à envisager de nouvelles solutions techniques. Lors de la précédente campagne, un déviateur avait du être installé pour franchir les angles occasionnés par la topographie complexe des puits de la cavité. Cette fois-ci, compte tenu de l'axe emprunté par cette nouvelle galerie et de l'étroitesse de son orifice d'accès, deux déviateurs au moins seront nécessaires et une longueur de câbles rallongée d'une vingtaine de mètres. Si la faisabilité technique de l'opération demeure parfaitement envisageable, le temps nécessaire pour extraire les bennes remplies de déchets sera inévitablement plus long et les équipes sous terre plus nombreuses. 

Les solutions mises en place jusqu'alors sont tout à fait adaptées mais devront être utilisées sur des périodes plus longues, ce que le recours à des énergies bénévoles ne permettra pas seul. La poursuite de la dépollution requiert par conséquent un soutien financier plus important permettant de recourir au concours d'un prestataire professionnel capable d'opérer sur une période plus longue, notamment entre les temps de participation des bénévoles (les week-ends). Cette organisation mixte serait placée sous l'autorité exclusive des initiateurs du projets et des inventeurs de la solution technique initiale mise en place par le Centre Technique Spéléo Nord Franche Comté (animé par Jean-Marie Frossard), ceci afin de ne pas dénaturer l'esprit qui a présidé à la bonne marche du projet jusqu'alors.

Quant à d'éventuels travaux de prospection motivés par la présence persistante de ce courant d'air, ceux-ci sont pour l'instant impossibles compte tenu de l'instabilité de l'éboulis de déchets. La découverte de la provenance de ce courant d'air est conditionnée par la dépollution préalable et totale de la cavité.

l'équipe du RESSAC
Club de Speleologie de Grospierres - Ardèche (07) - France
 

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